Entrevue avec Mme Louise Chenard, coordonnatrice du département de Soins infirmiers

Louise, tu participes présentement au projet de recherche ICC-Médical de Solutions Novika subventionné par le CRSNG.  De quelle façon a-t-on procédé pour te recruter?

Louise – C’est le directeur général de Novika qui est venu me rencontrer pour me présenter le projet d’aidant virtuel. Immédiatement, j’ai été enthousiasmée à l’idée de participer à un projet de recherche relié de très près à une clientèle, soit les personnes âgées. Depuis quelques années, nous avons bonifié ce cours dans notre programme de soins infirmiers et nous voulons donner le goût à nos étudiants de développer des compétences relativement aux personnes âgées qui occuperont une bonne partie de leur future clientèle. En 2030, selon une publication du gouvernement du Québec, il y aura 1.2 million à 2.2 millions de personnes âgées.1

Peux-tu parler de ton rôle dans l’équipe de recherche?

LC – Mon rôle, entre autres, dans l’équipe de recherche consiste à partager mes compétences et mon expertise dans le domaine de la personne âgée, et ce, en complétant une étude des besoins et des facteurs de chute, à appuyer le centre de recherche afin de faire valoir la personne âgée, à leur démontrer la complexité de cette clientèle, à offrir des notions sur le vieillissement pour ce qui est normal ou atypique, à expliquer les conséquences de l’immobilité à court et à long terme, à créer des documents pour rendre disponible sur le site afin de renseigner les partenaires industriels et, finalement, à rechercher des formations dans le domaine.

Professionnellement parlant, qu’est-ce que tu retires de participer à un projet de recherche financé par le CRSNG?  Quels sont les impacts directs et indirects sur ta tâche enseignante?

LC – Je suis au centre de recherche depuis 2010 à raison d’une demi-journée à 1 journée par semaine et cela me permet de garder mes connaissances en alerte dans le domaine. Je suis d’une curiosité intellectuelle et je dois adapter et approfondir mes connaissances scientifiques à leurs besoins. De plus, je suis continuellement à l’affût et aux aguets face aux besoins des personnes âgées. C’est pourquoi je participe à des colloques sur les personnes âgées afin de détecter de nouveaux besoins et j’assiste au « salon de la sagesse » depuis 2012 dans ma localité.

Plusieurs enseignants du Département de soins infirmiers participent à des projets de recherche appliquée pour Solutions Novika.  Quels impacts cela peut avoir sur ta tâche de coordonnateur de département et sur l’organisation des tâches d’enseignement dans ton département?

LC – Depuis que nos enseignants participent à des projets de recherche, cela a occasionné une augmentation importante sur la tâche. Présentement, pour l’année 2014-2015, cela équivaut à 0.7 de CI soit près d’un enseignant à temps complet pour l’un et près d’une demi-tâche pour l’autre. Cela a un impact majeur pour la sérénité du Département et le maintien des emplois.

Quels impacts les projets de recherche ont-ils sur l’enseignement, dans les classes avec les étudiants?

LC – Pour les enseignants qui travaillent dans cette discipline, il y a un gain important. Les enseignants ont développé eux aussi une grande curiosité intellectuelle et ils maintiennent leurs connaissances à jour. Les enseignants peuvent bonifier leur enseignement en utilisant plus d’outils de recherche tout en développant de l’expertise dans d’autres domaines comme l’informatique, l’électronique et la conception mécanique. Cela permet de valoriser la recherche et l’importance qu’elle a dans notre milieu afin de développer davantage d’outils pour garder nos personnes âgées à domicile. De plus, cela permet de valoriser concrètement ce que nous voulons que les étudiants de notre département gardent en tête soit « L’importance de l’autonomie chez les personnes âgées et que cette clientèle est très complexe, car elle permet, à cause du niveau de complexité des soins, de mettre en pratique toutes les connaissances acquises (multiples pathologies diverses).»

Dans le cadre de projet ICC-Médical, est-il possible d’intégrer des étudiants pour qu’ils deviennent des auxiliaires de recherche?

LC – Tout à fait! Le centre de recherche embauche des étudiants. Depuis ces débuts, 4 étudiants ont pu travailler à temps complet durant la période estivale. Depuis cette année, une étudiante s’est jointe à l’équipe, et ce, pendant son parcours scolaire. C’est un atout et un ajout important dans un curriculum vitae et les centres hospitaliers universitaires voient un grand intérêt envers un étudiant qui a une expertise dans ce domaine.

Qu’est-ce qui pourrait être fait pour améliorer tes conditions de pratique de la recherche?

LC – Le centre de recherche est déjà très accommodant pour les heures à faire dans leur établissement. Certaines périodes sont plus critiques et les échéances sont parfois plus serrées pour remettre certaines recherches, mais de façon habituelle nous pouvons facilement concilier le tout à notre tâche.

Qu’est-ce que tu conseillerais à un nouvel enseignant qui recevrait une invitation d’un Centre collégial de transfert de technologie comme Solutions Novika à participer à un projet de recherche?

LC – Je conseille fortement de ne pas hésiter à participer à une telle opportunité, car il y a un gain autant pour l’enseignant que pour le centre collégial de transfert de technologie. De plus, ce partenariat permet de développer la minutie, la capacité d’analyse et de synthèse et la précision afin de bien informer l’équipe avec qui nous travaillons. Cela permet aussi d’élargir nos connaissances, de bonifier notre curriculum vitae et, par surcroît, d’élargir nos relations professionnelles en travaillant avec plusieurs partenaires industriels.

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1 http://publications.msss.gouv.qc.ca/acrobat/f/documentation/2010/10-717-02.pdf, p.13

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